Du au

JUIN JUILLET AOUT SEPTEMBRE OCTOBRE NOVEMBRE DECEMBRE 2015




06/12
2014

Alors on a dit Transat certes mais laquelle ?

Celle qui part du Cap Vert vers les Antilles avec les vents d’alizés au derrière, le soleil, le spi en l'air, la chaleur permanente ? ben non!

Non, nous on a choisi celle qui bouge, celle qui pleut, celle que tu flippes à « donf » parce que tous les marins croisés nous ont dit : « vous êtes vraiment timbrés, c est pas la saison, c'est pas dans le bons sens, c'est la période des dépressions, ca va cailler grave.... »
Bref, nous c'est Perpignan/Hendaye/New York et puis c'est tout …

Pfff moi dans ma petite tète depuis plus d'une semaine, je m’imprègne de l'évolution de la météo dans ce bar du port d’Horta. Je réfléchis, je flippe, je me mets la pression. Philippe qui vient à tout bout de champs me dire alors ? on part quand ???

On va y aller… Croiser une petite « dep » de 30 noeuds et après en avant toute ! Vent dans le dos. Jusque là, c’était pas mal, une belle théorie, un joli scénario !
On part…. Des adieux chaleureux avec nos amis des Acores, moi la boule au ventre et les larmes aux yeux de quitter ces îles, oui je sais je m'attache…
Phil déjà à bloc : Où on va ? C'est quoi le cap etc...
Bon c'est parti, on attaque fort avec 35 nœuds au travers, puis 40 avec une mer de fou. On tombe malade comme des chiens et on reste comateux pendant deux ou trois jours sans pouvoir rien avaler.

Bon il est où l'anticyclone ?
Enfin le voila, et c est partis pour 15 jours de portant enfin presque sans compter trois nuits par 35/38 nœuds avec grains et pluie à l’horizontale, mer en haut en bas à droite à gauche, visibilité nulle pendant des heures et des heures !
Ah si, on a aussi eu du près pendant 48 heures par 35 nœuds avec grosse mer. C'est du style programme essorage/rinçage et re-essorage. Ca tape dur à l'étrave, ca cogne on souffre en permanence pour le bateau. Le mat est toujours la on a trois ris et trinquette arrisée. On abat en près océanique et on attend le dos rond.
Puis viennent enfin ces dix jours de bonheur avec du vent portant parfois assez fort mais derrière. On exploite le baromètre à fond, on écoute nos routeurs bien aimés car on n’arrête pas de regarder l’iridium !!! J’attends avec impatience les messages de Marie qui coordonne l'ensemble.
Ah Georges, Patrick et François envoyez nous des mots doux avec vent arrière, ca va se calmer, pas de « dep » que c'est bon merci à vous trois et à Marie bien sur.

En plus Philippe sait que j’aime bien ouvrir les sms alors il m’appelle et dit: Vincent !! du courrier !! J’adore surtout quand c’est écrit pas de DP yessss !!!
Bon puis il y a aussi ceux de ma Dji ca aussi c'est bien hein ? A partir de là, ca cavale sur le petit trente pieds chargé à bloc de Biomonde, de Bonneterre, de « frais » des Acores. Pourtant parfois nous avons eu Phil et moi des coups de blues, les ciels gris et les grains en étaient souvent la cause. L'éloignement aussi, les proches qui nous manquent, la perte un peu des repères de la réalité, celles des autres car la notre est d'avancer, de faire nos quarts, de regarder le ciel pour mieux le comprendre.

Quelques petites casses d'accastillage, d'usure de drisses, normal quoi. Rien de grave mais c'est fou comme chaque petits accrocs viens ternir notre moral.

Et puis les Bermudes sont apparut d'un seul coup avec une moyenne de 8 nœuds ce jour là. Prise en charge par la surveillance des cotes à 20 milles de l'arrivée, la clearance des douanes et nous voilà à quai.

Avec Phil on est heureux d’être arrivés là, on a réussi notre gros morceau.

Vincent




09/12
2014

Que dire de cette grande traversée... Si non, "chapeau bas" Messieurs d'un autre temps, vous qui avez traversés les océans de la manière la plus écologique et la plus engagée que personne n'a refait aussi bien et avec autant d'humilité.
Aujourd'hui on traverse les mers avec à bord des moyens ultra modernes, pour éviter le mauvais temps et les tempêtes destructrices, mais parfois cela ne suffit pas si on ne sait pas exploiter toutes les données informatiques et celles que l'on vit sur le terrain. Il faut comme en montagne être en harmonie avec les éléments, savoir lire le ciel et la mer, sentir le vent . Le vent, toute la navigation dépend de lui, il est libre et ne respecte pas toujours ce qui est sur les fichiers météo, à nous de le suivre, de le comprendre, c'est notre énergie, il souffle dans nos voiles nous pousse et nous donne aussi un sentiment de liberté que l'on partage avec tout ce qui se trouve dans cette ligne d'horizon qui nous entoure.
Vincent, fin tacticien reconnu, m'a fait partager toute son expérience de régatier, la bouée c'était les Bermudes...il n'a rien lâché! Nous sommes arrivés sous spi à "MAC balle" Pile au pied de l'île la capitainerie du port nous avait "scanné" depuis longtemps et ne cessait de brasser à la radio...détend toi mon pot on affale! LES BERMUDES. Pas plus large qu'un spaghetti posé au milieu de l'Océan, cette île a bien des choses à raconter, paradis fiscal reconnu, les gros bateaux ne manquent pas.
EIXURIT est entre deux magnifiques voiliers de 20 mètres de long aux boiseries vernis, 7 couches, avec des mats aussi haut que des mélèzes, il y a même un énorme drapeau Américain, à l'arrière, sa surface pourrait recouvrir mon bateau facilement. Les gens très aimables, semblent interpellés par les lignes modernes du petit Pogo et tout ces dessins d'enfants...Nous avons tout à bord, tout en miniature, le petit dessalinisateur, notre Hydro générateur WATT and SEA 600w de la balle, il tourne tous les jours et alimente notre petit frigo, éclairage cabine, l'ordinateur AIS et MAXI, Téléphone satellite et surtout pilote automatique N.K.E...
Cela dépasse le confort d'un bivouac.




11/12
2014

Ca recommence de la même façon qu'aux Acores !

Les Américains voileux que nous croisons n'en reviennent pas. Aller à New York en cette saison est vraiment une folie. A bon ? Mais why ? Parce qu'il gèle, les marinas sont presque toutes fermées, les alimentations d'eau des pontons coupées pour éviter le gel. Les bateaux sont sortis de l'eau car il faut savoir que sur cette zone Norfolk/New York, les assurances ne couvrent plus les bateaux restant à l'eau contre tous dégâts causés par le gel, les fortes dépressions etc.. Ben mon gars, ça promet non ?

Oui mais voila, nous on est des "stupids frenchies" à tendance à "atteindre notre objectif" sans toutefois prendre des risques inconsidérés. La façon de naviguer des plaisanciers "d'ici" est très différente de celle de voileux Français coté Atlantique (Bretonne, Vendéenne, Charente- Maritimes et Manche/mer du nord) . Il est vrai que dans ma modeste vie de voileux, j'ai rencontré des équipages en Atlantique qui n'hésitaient pas à naviguer sous la pluie, le froid, la mer formée pour aller d'un port à une ile, d'un port en Angleterre, d'un port aux îles Anglo/Normande.

Ici aux Bermudes sous influence Anglo-saxonne/américanisée...on peut dire que ce n'est pas le cas. Les voiliers rencontrés sont suréquipés en générateur hyper puissant, clim,chauffage, dessal, grand voile enrouleur et génois enrouleur électrique etc... Quand on les voit partir comme ce matin (un 56 pieds de construction américaine avec cockpit central de très belle construction d'ailleurs ) avec plus de 1500 litres de Gas-oil pour réaliser environ 900 milles pour aller aux Virgins Island (Caraïbes) on se pose la question de: est ce qu'ils vont mettre les voiles ?

On a beaucoup échangé avec eux sur leur façon de naviguer. Leur moyenne de vitesse à la voile ne dépasse pas 5/6 nœuds pour un 55 pieds (je parle de moyenne). Le moteur prend le relais dès un vent inférieur à 15 nœuds quelle que soit sa direction (portant, travers… etc.) mais bien sur le moteur est aussi là, dès que le vent vient de face et ce, presque sans limite de force de vent. C'est une méthode loin de la notre et surement la votre, vous, voileux qui lisez mon article. Ceci est valable pour l'ensemble des voiliers que nous avons rencontré provenant des USA ou du Commonwealth (UK et autres). On a même reçu un cadeau des Américains: des chaufferettes pour mettre dans les gants, les chaussures, vous savez comme quand on va au ski ?

Bref quand on leur a donné notre vitesse moyenne sur le parcours Acores/Bermudes, on aurait cru que nous étions des super régatiers du Vendée Globe . Bon certes, la flatterie est toujours bonne à prendre, on représente la France et l'Europe non ? Pour une fois qu'on peut dire qu'on est supérieur aux "cow-boy étoilés" ça fait du bien non ? Ils sont super sympas ces ""ricains", on avait peur d’être des "petits" mais on ne le ressent pas ici en tout cas. Ils sont tous venus visiter notre Pogo 30 de Structures, alors bien sur, nous on n'a pas de douche, pas de grille pain électrique, pas de micro onde, pas de millier de litres d'eau douce, pas de chauffage ...

Bon alors quand part on pour ces USA ?

Une fenêtre météo semble pointer son nez d'ici dimanche/lundi/mardi, je suis son évolution avec une très grande attention. De toute façon on aura du près mais avec vent modéré et des possibilités d'exploiter les rotations comme si on faisait un parcours banane. Notre premier objectif va être d'atteindre Chesepeak qui est une énorme baie dans laquelle on trouve Norfolk. C'est là que nous allons nous rendre pour une raison simple, nous devons faire notre entrée aux USA (clearance) et Norfolk est hyper pratique et rapide pour cette formalité contraignante. (Contrôle de nos visas + 2X 70 $ de droit d'entrée pour les personnes + 80$ d'une carte de navigation pour être autorisé à naviguer en territoire US avec notre Pogo 30) sachant qu'on a déjà payé 330 euros + 14 $ + un chronopost retrour visa + un voyage aller retour Perpignan Paris Perpignan pour l'ambassade US de Paris, bref désolé d’être aussi précis mais c'est de là que vient l'expression " ils nous prennent pour des Américain ?"

Chesepeak se trouve à environ 600 milles des Bermudes sur un cap d'environ 290 degrés. Cette zone est un peu la limite sud des forts vents dépressionnaires venant du Nord. Nous devons également éviter de rencontrer des vents de secteur Nord dans le Gulf Stream qui monte vers le Nord. Un vent contre un courant de 2.5 nœuds serait très compliqué à gérer en terme de vagues, mer, clapot…etc.

Le Gulf Stream à cet endroit fait environ 60 à 100 milles de large. Donc, vite le passer entre deux dépressions mais surtout avec une rotation au nord. Le trafic maritime est également très important sur ce secteur, donc la veille va être permanente malgré les températures très basse prévues. Bref comme on peut le voir finalement, même si il s'agit de 700 milles de navigation, on va attaquer la partie la plus dure de notre périple!

Compte tenu de la saison délicate de notre arrivée, il peut être probable que nous fassions une escale prolongée vers Norfolk dans l'attente de la meilleure saison. Les marinas de New York sont fermées à 80 % (froid et gel) et les vents contraires très forts sont fréquents entre Norfolk et New York. On va faire le maximum pour y aller et atteindre le port de Piermont qui se trouve à 40 kms au Nord de New York sur Hudson River en espérant que l'eau ne soit pas gelée.

Voila, les amis, j'ai été un peu technique, mais les spécialistes pourront se faire une idée de ce qui attend les autres plaisanciers en cette saison.

Donc allez y, mais en Mai ou Juin !




13/12
2014

Un peu coincé aux Bermudes, le petit bateau ronge son frein, on a eu plusieurs petits coups de mauvais. Ici, pluie et vent à 35 N, ca donne une idée de ce qui se passe dans le Gulf Stream avec en plus un courant de malade et un froid de canard. Ce n'est pas gagné, on cherche la bonne fenêtre météo, les U.S.A ce sera la partie la plus dure de nos étapes.

La vie aux Bermudes est deux fois plus chère qu'aux U.S et la nourriture n'est pas de qualité comme aux Acores car tout est importé. L'eau de pluie complète celle des dessalinisateurs comme quoi rien n’est parfait, cependant les gens sont sympas. Un voisin de quai nous à donné un sac de chaufferettes ! Et une dame des cookies si durs que je pourrais m'en servir pour caler un meuble sans qu'une miette ne s'échappe.

Pour se remonter le moral on se cuisine les excellentes conserves OTEIZA , un grand merci pour ce filet garni de produits du pays Basques. La bio aux Bermudes je n’en ai pas vu dans les supermarchés, n’y a-t-il pas de demandes ? Pas de réflexions sur ce sujet parmi la clientèle… Il nous reste encore de quoi survivre ! C’est vrai que Biomonde, Bonneterre, Priméal, Celnat ont été généreux !

Vincent




15/12
2014

l'Eixurit à quitter les Bermudes cet après midi.

Voilà encore un départ pour Philippe et Vincent, ils ont guetté la fameuse fenêtre météo si chère aux marins qui va leur permettre d'arriver à Chezapeake.

Surement la partie de navigation la plus délicate de cette traversée. Après comme dit Philippe, on va grignoter un peu tous les jours pour arriver à New York.




17/12
2014

Vers midi, ils avaient 30 nœuds de vent de travers. Ce sont des forces de vent moyen que donnent les fichiers grib donc cela peu faire dans les rafales 45 nœuds... Avec du froid peut être.

Ce soir, le vent devrait diminuer un peu de 20 à 25 nœuds, mais refuser donc ils seront plus prés du vent, beaucoup moins confortable comme allure.

Ils feront surement un prés que l'on appelle "près Océanique", c'est à dire bien laisser porter, et n'hésiteront pas à abattre.




19/12
2014

L'ambiance sur l'Eixurit ces derniers jours ressemblait au mode lavage essorage, sans l'option séchage ... 40 N de vent, ils se sont mis à la cape 24 h pour attendre que ca passe.

Cette nuit, le vent a faibli. Ils ont repris leur route vers la côte des US.




22/12
2014

Aujourd'hui au port de Norfolk, il y a un petit voilier de plus, l'Eixurit, et deux marins heureux et en pleine forme!!!




23/12
2014

Ici à Norfolk on est sous un brouillard à couper au couteau.
Comme nous sommes au sein même de la flotte navale américaine et aussi dans un site portuaire gigantesque de porte container de remorqueur et de tout types de bateaux de travail, les passages sont presque surréalistes. Ce matin en me levant tôt je me suis cru dans un film type « Jack l'éventreur » avec cet épais brouillard, ces cornes de brume au lointain dans cet univers opaque. Il manquait fort heureusement juste le cri d'une personne agressée par « Jack l’éventreur ».

J'ai du mal à vivre ce moment (mal dans un sens positif) c'est comme un cadeau de Noël énorme. Je me surprends à comprendre que cette traversée de l’Atlantique nord par une période hivernale est presque terminée mais aussi réussie.
Heureux d'avoir pu gérer l'ensemble des choix de fenêtres météo, de positionnement de notre petit voilier au sein des systèmes atmosphériques qui nous étaient proposés par dame nature.
Heureux d'avoir amené à bon port notre guide de haute montagne et son joli Pogo 30 ,l’Eixurit et nos partenaires Biomonde, Bonneterre, Priméal, Petzl, Vertical Raid Light, Lorpen, Vuarnet, Agnès b et tous ceux qui nous ont fait confiance, ainsi que les personnes proches associées à ce magnifique projet aventurier, certes modeste mais aventurier quand même, non ? Heureux d’être sortie de mes baies restreintes de régatier inshore ou de plaisancier des côtes de France (même si elles sont les plus belles du monde lol) Heureux de voir Phil heureux.

Je suis aux USA, parvenu par voilier et non par le confort d'un airbus A 380. Oui je trouve que Phil et moi méritons d’être ici dans ce grand pays, cette nation fière, grande, puissante, aux « contraires absolus aux raisonnables ». Cette nation énergivore à l’extrême, au gigantisme des tailles de gobelets de café de « Starbuck » et pourtant aux délicieux cookies et aux Américains cordiaux, amicaux et chaleureux.
Je regarde tout en écrivant par le hublot de la table à carte et je vois un immense drapeau américain comme ils le sont tous ici d'ailleurs, énorme il pourrait nous servir de spi, de couverture pour protéger entièrement notre voilier. Ces drapeaux à la taille de cette nation où la puissance se ressent en permanence ici à Norfolk.
Oui je suis sensible à tout ce que je découvre depuis le début de cette aventure, aux gens, aux pays traversés, à cette nature généreuse qui nous donne de quoi vivre et boire. De cet esprit solidaire des personnes qui nous ont aidés et soutenus depuis le début. En écrivant ces quelques phrases les larmes me montent aux yeux en pensant à vous tous qui nous avez suivi sur FB ou sur notre blog. A vous tous connus ou inconnus qui nous avez écrit quelques mots d'encouragement et qui vivez avec nous ces longs jours de notre petite histoire à Phil et moi.

Les USA
Il faut comme à chaque fois être à l’écoute, aiguiser son sens de l'observation, s’adapter aux règles et à l'esprit du pays pour bien comprendre ce qui nous entoure.
Notre aventure mais surtout le voilier, permettent cela. Nous avons le temps, nous avançons lentement « step by step » poc à poc, un pied devant l’autre ou plutôt un foc devant la grand voile. Ici on ne ressent pas d’animosité du fait que nous soyons Français. Les rumeurs et propos entendus de ci de là par mes concitoyens semblaient me dire que les Yankees nous considéraient comme des tous petits.

Rien de tout cela en Virginie, mais plutôt un accueil chaleureux de tous, ici que ce soit au sens commercial aiguisé par leurs phrases de politesse et de compréhension quand je dis systématiquement « sorry for my very bad english, i’m french" et leur réponse unanime « ohhh your welcome, your english is better that my french » . L'accueil des Custom immigration qui a été un grand moment de plaisir oui je dis bien plaisir par rapport au contraste de ce que j'avais lu sur les sites spécialisés voyageurs de mer. On peut y lire que la rudesse des administrations y est parfois dure. Pour nous cela a vraiment été un moment d'échange, de dialogue et d'accueil. On flippait tellement de faire ces démarches que nous avions dès l’amarrage du bateau contacté les services d’immigration. Des customs avec leur uniforme parfait sans un faux plis, aux insigne étincelantes, au sourire présent. Ils nous ont même dit: « allez boire tranquillement un café et revenez nous voir après, ne stressez pas et soyez rassurés ». Incroyable non ?
Le responsable de la petite capitainerie locale John, (harbour master), (oui j’essaye de faire partager mes nouvelles connaissances linguistique) nous a aidé à nous fournir en chauffage et en électricité car nous avions oublié d’intégrer qu’ici c'est du 110 volt !!! Donc bien sûr, pas de rallonge adaptée car les prises sont très différentes des nôtres en Europe et en plus il faut un transfo qui pourrait nous permettre de fabriquer du 220 alors on va investir.

Bref je reviens sur ces USA avec ses mœurs et ses coutumes car ici dans deux jours c’est Noël. On voit même sur les carlingues des voitures des décors de noël, partout sur les buildings des lumières et des guirlandes. Des kilomètres de guirlandes sur l’ensemble des façades, des bateaux de travail, des remorqueurs, des vaisseaux de l’US Navy. Gigantisme quand je vous le dis ! Energivore en besoin de matière première. Je pense au plein de carburant qu'il faut pour faire avancer ces énormes engins aux mesures impossibles à vous transmettre car vous ne pourriez me croire. Il affabule complet le père Prunin. Bon alors dès que le brouillard se lève je fais des photos, promis.

La France me manque avec ses petits bistrots, ses croissants et son pain inimitable, ses fromages et le bien être de nos régions de montagnes et de mer. Voila c'est ma pensée du jour je vous dis à tous merci d'être là ici avec nous via nos moyens de communication.

En direct de Norfolk, Vincent Prunin envoyé spécial de Perpignan New York pour l’Argentière Haute Alpes infos news.




24/12
2014

Oui j'ai vieilli, j'ai pris quinze ans dans ma tête, dans mon âme.
Cette transat est semble-t-il un peu hors du commun, dans un esprit certes d'engagement tel un alpiniste qui part affronter de hautes montagnes, dure à vivre, dure à grimper, dure à apprivoiser.

Un engagement tel que je ne m y attendais pas. Des conditions qui sans être dantesques ont été par moment épouvantables, et où j'ai parfois été très tendu presque à la limite de la rupture.
Oui vous allez peut être dire que d'autres affrontent cela dans les Vendées globes, dans les tours du monde à l'envers, dans des bateaux à rames. Oui je le pense aussi mais même si je dois rester modeste avec cette aventure, je dois aussi essayer de vous transmettre mes pensées, mes aléas, mes impressions.
Je ne demande rien et surtout pas d'essayer de vous faire croire que nous avons accompli un acte de bravoure oh non pas ça ! Juste accompli un engagement fort en commun avec mon Philippe, mon montagnard solide et costaud, toujours capable de me remonter le moral avec ses secrets de cuisinier spécialiste des conditions extrêmes et capable de réaliser des plats prodigieux en haute mer.

Je savais que ce morceau Bermudes/Côtes est des US serait délicat, capable de nous amener des surprises. J'avais sous estimé l'influence du fameux Gulf Stream dans les paramètres météorologiques. J'en avais juste mis un peu de ce Gulf Stream dans ma soupe d'analyses mais ce courant est comme le piment, il peut être très, très piquant même si on en met une toute petite dose.

Alors oui sans rentrer dans les mots techniques on en a pris dans la figure du vent, de la forte mer. Ma grande première d'une mise à la cape pendant quelques heures afin de chercher la solution pour nous reposer et prendre un peu de recul sur la situation.
Une cape très enrichissante et réparatrice.
Ensuite après avoir eu une petite baisse de vent à trente cinq nœuds on est reparti et toujours avec cette mer "casse bateau". On a fait doucement sans accélérer afin d’éviter les à coups trop brutaux.

Puis peu à peu on a fini par gagner au vent vers Norfolk mais il a fallu être très patient et attendre peu à peu que la bascule de vent venant d'est (merci les routeurs) se fasse sentir et nous permette d'aller en route directe sur Norfolk. Il fallait atteindre cette zone pour deux raisons, la météo annonçait une très forte dépression à partir de Mardi et ensuite comme je l'avais annoncé il fallait faire notre « clearence immigration » afin de nous libérer de cette formalité importante pour naviguer aux usa.

Alors dire que cette navigation de 600 milles seulement a été éprouvante et très dure nerveusement OUI elle a été très éprouvante.
Notre consolation en arrivant sur Chesapeak a été de rencontrer la neige et une température négative pendant environ 24 heures même mon ciré a gelé !!! Mais grâce aux vêtements techniques que nous avions de nos partenaires (vertical Raid Light et Triple Zéro) aucun problème de froid à bord.

Ma seconde "pression" était de faire l'immigration et pourtant cela a été réalisé avec une énorme gentillesse des services administratifs des Custom. Ils ont été super gentils, compréhensifs, et nous ont permis d’être admis sur ces terres de l'Amérique !
Un petit pas pour l'homme mais un grand pas pour Eixurit Biomonde Bonneterre Priméal (phrase emprunté à Amstrong lors des premiers pas sur la lune en 69).

En entrant dans les multiples réseaux de canaux de Norfolk nous avons longé la flotte américaine de l’US Navy. Je dois dire que j'ai été vraiment impressionné par cette puissance, par ce gigantisme de la taille de ces portes avions, croiseurs et autres navires certes de guerre. Quelle impression. Cette nation est dotée d'une telle puissance en tout genre, en taille démesurée de tout ! Je ne suis pas d'une âme militaire mais là, on en reste vraiment bouche bée.
Tout ici est sans limite de taille, de dépense énergétique, de gigantisme !! Vous verriez la taille des pizzas !! Presque 60 centimètres de diamètre, la taille des verres a café.

Je reviens sur la traversée pour les voileux qui nous suivent.
La gestion des paramètres de performance et de durabilité est une priorité. Eviter l'usure de notre maison flottante, des voiles et du matériel.
Pourtant malgré plein de précautions anticipées, la tenue du matériel, les filets de protection anti projection de la cuisine et des ustensiles, on a eu de telles vagues et de telles descentes au fond de ces montagnes d'eau que les objets sortaient à la verticale pour se diriger vers le plafond malgré un bateau peu gité.
Incroyable par moment si j'avais pu filmer au ralenti, on se serait cru dans la navette spatiale avec les objets qui flottent dans notre espace restreint du carré. J'ai même eu un truc amusant (avant de nettoyer). Mon café s'est désolidarisé de ma tasse et est parti verticalement vers le plafond avant de s'écraser en partie sur celui ci car j'ai pu récupérer dans un geste incroyable une partie du liquide en l'accompagnant verticalement. Un truc de ouf !! Je vous jure je suis pas bourré mais c’est absolument vrai!
On s'est parfois avec Phil retrouvé sortie de nos bannettes en effectuant une parfaite droite verticale avec retour au point de départ.
Ne pas oublier qu’on est sur un trente pieds !!

Les vagues étaient désordonnées sans un sens particulier de la houle. Des trucs qui se croisaient dans un sens aléatoire avec pour finalité des trous de trois mètres où notre merveilleuse coque de structure Pogo se retrouvait sans avoir de quoi flotter. Merci Structures le chantier des " Pogo" d’avoir construit une coque aussi résistante et solide !!
Le Gulf Stream est assez large et finalement assez proche des cotes (en tout cas sur cette période). Quand on rentre dans la zone du Gulf Stream, on a des réactions assez surprenantes de la direction des courants. On retrouve des espèces d'affluents qui peuvent vous ramener vers le sud parfois pendant des périodes de 10 à 15 minutes. Le gps indiquant des vitesses de 1.5 nds avec un cap au 210 ° alors que l'étrave est tournée vers le 320°. Puis cela change sans prévenir pour un cap au 340 avec une vitesse fond de 9 nœuds alors que notre vitesse surface est de 5.5 nds.
Bref ça ne cesse de faire cela jusqu'au moment où nous sommes vraiment rentrés dans l'axe du courant du Gulf Stream, ce qui nous a fortement aidé à atteindre le gisement de Norfolk. Puis 48 heures avant l'arrivée, la vitesse était rapide et le cap parfait avec une route directe au bon plein par 20 nds.

L’entrée de la baie de Chesapeak est très longue et le trafic intense. Nous avons parfois été contacté par vhf sur le 16 par d'énormes bateaux qui nous demandaient qu'elles étaient nos intentions de cap et de route afin de pouvoir nous éviter, nous tout petit sur l'axe du chenal.
L’entrée par les chenaux s'est effectuée avec un courant dans le dos (une belle gestion d'arrivée car nous avons ralenti pour cela en attendant la renverse). Apres plusieurs heures entre les portes avions, chenaux et remorqueurs nous sommes arrivés dans cette petite marina de Norfolk. Neige et pluie verglaçante pour nous recevoir mais nous étions tellement heureux avec Phil de toucher les USA.

Nous repartons ce jour de Noël par l'inter Coastal ou Water Way afin de changer de nos habitudes de l'océan. Découvrir l'intérieur de ces plans d'eau gigantesques afin de pouvoir partager avec vous quelque chose de différent.
Nous avons prévue une arrivée à NY pour le 29 ou le 30 on verra bien avec mon Phil nous nous sentons de toute façon heureux de notre voyage, de notre association des tontons flingueurs comme Georges, Patrick et François nous appellent affectueusement.
Voilà un peu le résumé de cette dernière traversée. J'ai commencé à préparer un texte qui sera plus technique sur la préparation du bateau, les besoins en matériel d'une telle aventure, les façons de naviguer pour économiser au maximum le bateau sans pourtant ralentir avec toujours cette recherche de performance pour aller vite avec un bateau qui le permet bien sûr.

So long my friends and partners

Vince et Phil from Norfolk today




31/12
2014

11 H 38

Il y a quelques minutes,la statue de la liberté a vu passer un drôle de voilier avec plein de dessins d'enfants sur sa coque, et deux marins heureux...

Philippe et Vincent sont à New York!!!

31 décembre 2014- 35 noeuds dans les voiles, on entre dans la Upper Bay! On est au sommet! Le petit bateau Eixurit prend un repos bien mérité dans la Liberty Landing Marina face à Manhattan.

Ces derniers jours ont été difficiles, l'eau gelée sur le pont, le froid, les haut-fonds mal indiqués sur les cartes, le manque de sommeil ont rendu la navigation un peu extrême.Néanmoins, malgré la fatigue, on peut lire dans nos yeux de la joie. On arrive en même temps que cette fin d'année!

Je vous souhaite à tous une année aussi belle que cette formidable aventure qui s'est déroulée en toute simplicité à travers de belles rencontres humaines et loin de la performance.

I wish you all a year as beautiful as our adventure that unrolled naturally throughout beautiful human encounters and far from performance events.


ILS NOUS FONT CONFIANCE

Administration web du projet: Stef - Février 2014 - Tous droits réservés (Mentions légales)